Pour vérifier si votre carte CEDEAO est produite cliquez ici

Présidentielles 2019 : Les Forces en présence

pres.pngEn 2012 le candidat Macky SALL avait promis de faire un mandat de cinq (05) ans au lieu de sept (07) ans comme le stipulait la charte fondamentale.

En 2012 le candidat Macky SALL avait promis de faire un mandat de cinq (05) ans au lieu de sept (07) ans comme le stipulait la charte fondamentale. Élu, le Président Macky SALL, gardien de la Constitution, réitère sa promesse électorale sur beaucoup de plateaux de télévision étrangères et par un engagement solennel dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2012. Il gagne en estime, alors,  dans un contexte africain où  les présidents ont tendance à rallonger leurs mandats. Toutefois, et contre toute attente, au début de l’année 2016 en appelant les sénégalais à un référendum, le Président soumet son engagement à « l’Avis » ou à la « Décision » du Conseil Constitutionnel. Les « 5 sages » lui conseillent d’aller au terme de son mandat. Ce qu’il fera malgré la contestation faite par 45 professeurs de droit. Ainsi dans treize (13) mois – (Février 2019) – Macky SALL mettra en jeu son mandat.

Pour cette première échéance depuis son avènement, si beaucoup de ténors de la vie politique sénégalaise comme Moustapha NIASS, Ousmane Tanor DIENG, Amath DANSOKHO, Abdoulaye BATHILY, entre autres, ont une posture d’aveu d’abandon à la conquête du pouvoir et se rangent manifestement aux côtés de Macky SALL malgré la réticence des franges les plus jeunes de leurs appareils respectifs, il en demeure tout de même comme le veut la tradition démocratique que la présidence soit très courtisée.

Succéder à Macky est le rêve le plus partagé de nos acteurs politiques.

  • La coalition BBY autour de Macky SALL: depuis le deuxième tour de la Présidentielle 2012, Macky SALL tient BBY comme sa machine électorale. Une alliance faite autour des autres candidats contre le Président Wade au premier tour qui s’est effritée par moment pour voir Idrissa SECK, GADIO, Amsatou Sow SIDIBE, Ibrahima FALL partir dans  l’opposition et Mor DIENG et Djibril NGOM disparus de la scène politique. Cependant, il lui reste toujours les dirigeants de partis légendaires PS et AFP respectivement Tanor DIENG et Moustapha NIASS.

Certes il faut noter qu’avec le départ de Idrissa SECK, BBY a gardé Oumar Gueye qui depuis 2007 a toujours fait de bons scores dans sa bastion de Sangalkam tout comme Pape DIOUF dans une moindre mesure à Bambey où il a perdu toute fonction élective. Macky SALL a aussi capitalisé les transhumants du PDS de Awa Ndiaye à Sada NDIAYE en passant par Ousmane NGOM, Souleymane Ndéné NDIAYE, Innocence NTAP, Aminata LO, Moustapha DIOP etc.

Par contre, le fait de passer de 65% en 2012 à 49% lors des législatives dernières explique que BBY n’est plus cette foudre de guerre tant vantée. Avec de tels résultats, un schéma  de 2e tour est en train de se dessiner pour 2019.

Un inévitable deuxième Tour mais face à qui ?

  • La coalition autour de WADE: la constitution du Sénégal a interdit à WADE père de se représenter de  par son âge tout comme la Justice prive de son fils une candidature suite à son procès sur la « traque des Biens Mal Acquis »  malgré son investiture par le PDS. La coalition Wattu est arrivée deuxième lors des dernières joutes électorales. elle a réussi à avoir un consensus autour de WADE en dernière minute mais sans WADE ni Karim, le PDS pourra-t-il trouver un homme autour de qui  toutes les forces libérales seront cristallisées ?  Oumar SARR (SG Adjoint du Parti) et Madické NIANG président du groupe parlementaire restent les deux plus grands challengers. Certainement le choix de l’un ou l’autre finira par faire partir des militants ou provoquer des candidatures parallèles. Dans cette perspective, un allié comme Pape DIOP va surement faire cavalier seul. Et quid des personnalités comme Mamadou DIOP Decroix et Mamadou Lamine DIALLO Tekki ?
  • La coalition MTS: une coalition qui est née à la veille des élections de Juillet 2017 dirigée par Khalifa SALL placé sous mandat de dépôt sur l’affaire de la régie d’avance de la Ville de Dakar. Fort à Dakar où il est élu depuis 2009, Khalifa en un temps record, a gagné la sympathie de beaucoup de sénégalais. S’il réussit à se débarrasser de Dame Justice et s’investit dans une très stratégique coalition électorale, sans conteste il sera redoutable dans la quête au pouvoir.

Dans cette coalition MTS il y a aussi Idrissa SECK qui a su taire son orgueil lors des investitures et laisser la liste Nationale aux autres leaders et se ranger dans l’hypothétique liste majoritaire. Dans ce registre d’aucuns pensent que le leader de REWMI a sacrifié bon nombre de ses militants comme la non investiture de Thierno Bocoum ou encore celle de Samba BATHILY de Pikine qui sont d’ailleurs partis.

El Hadj Malick GAKOU, la mouvance jeune de son Parti l’a déjà investi et sa caution est presque bouclée. Serigne Mansour SY Djamil et Cheikh Bamba DIEYE peuvent soutenir le meilleur candidat de cette coalition dès le premier tour.

  • Le PUR: arrivé 4e comme force électorale lors des Législatives, PUR est sans conteste attendu à la Présidentielle.  La logique politique voudra qu’il ait comme aux Législatives un candidat pour contester la candidature du président sortant et créer toutes les conditions à l’amener au deuxième tour. Sachant les bonnes relations que ce Parti comme son Président entretienne avec Khalifa SALL il ne sera jamais une surprise de les voir cheminer en 2019. Dans ce cas de figure, une coalition entre ces deux forces serait redoutable.
  • Abdoulaye Baldé, Mamadou Diagne Fada ; Abdoul MBAYE, Aissata Tall SALL, Ousmane SONKO, Aida MBODJ comme durant les Législatives feront certainement cavaliers seuls pour conquérir le suffrage des sénégalais.
  • Certes, le Sénégal est une démocratie majeure, mais notre élite politique s’inspire trop souvent de la France. De ce fait, ne soyons pas surpris qu’un des acteurs politiques essayent de jouer le tour de Macron, d’ailleurs les mouvements politiques initiés par Thierno Alassane SALL et Thierno BOCOUM, Mame Adama GUEYE ont tout l’air.

Ce zoom de la situation politique du Sénégal montre nettement que nous irons droit vers des élections ouvertes en 2019. Naturellement le favori reste le Président sortant Macky SALL avec la coalition BBY mais qu’une bonne stratégie politique, une coalition avec les bons éléments et un discours qui aura révolutionné les populations pourraient être la clé d’opposition convaincante pour ce probable deuxième tour.